Focusing et ACP : origines et définitions de ces approches "Le focusing est une nouvelle façon de comprendre notre expérience intérieure et notre nature profonde, un nouveau modèle fondamental de vie. "

E. Gendlin



Qu’est-ce que le focusing ?


  Le focusing est une approche psychocorporelle centrée sur la dimension de soi qui ressent. Elle suit un processus expérienciel naturel que l’on trouve dans son corps, par le biais de sensations corporelles, au début souvent vagues et subtiles, que l’on nomme le sens corporel.


  Ce lieu de référence interne ne s’aborde pas mentalement comme à l’habitude, mais demande d’aller ressentir (et non penser) ce que je vis, ici et maintenant, à l’intérieur de moi.


 Cette dimension expériencielle est en interaction permanente avec ce que je vis dans l’instant, avec ce que mon histoire de vie a mémorisé corporellement. Le focusing est un processus « d’accordage » avec ma sagesse intérieure qui comme une boussole me donne la direction de ce qui me convient.


  Elle libère également de précieuses informations sur moi-même qui précèdent un mouvement intérieur salvateur et bienfaisant. Ce changement interne génère du bien-être, des modifications dans mes perceptions, dans mon comportement, dans mon rapport au monde…


  Toute progression véritable se manifeste dans mon « espace corporel existentiel » et peut se vérifier par le biais de mes sensations. Quelles que soient les méthodes d’accompagnement utilisées, elles collaborent directement ou indirectement avec cette dimension vivante qui est le cœur du changement, ainsi que le centre de soi.


   Le focusing donne donc l’accès direct aux « mécanismes vitaux» du développement, de l’amélioration, du progrès, du mouvement intérieur.


   Cette connexion organique (congruence) est la base du fonctionnement harmonieux de ma personne. Dans cette perspective, le mental congruent (donc relié à mon lieu de référence interne) construit une unité fonctionnelle permettant la créativité, la fluidité, le sensation d’être soi, de s’habiter, d'être dans son élan de vie.


  Un mental privilégiant trop un lieu de référence externalisé (incongruence) - une personne, un groupe, une culture, des traditions – est source de maux, de malaises, de maladies psychosomatiques…


L’origine du focusing


  Cest Eugène Gendlin, psychologue et philosophe américain et collaborateur de Carl Rogers, qui a développé cette approche après avoir constaté l’importance du lieu de référence interne dans tout processus thérapeutique ou de changement.


   Si Carl Rogers a surtout appréhendé les conditions nécessaires au développement de la personne à instaurer par le thérapeute. En complémentarité Gendlin s’est centré sur l’expérience interne du client.


   Il a ainsi constaté que les personnes qui tiraient bénéfice de leur thérapie étaient celles qui faisaient référence en partie ou complètement à leur sens corporel.


   Il pouvait avec ses étudiants prévoir, dès les deux premières séances, la réussite ou l’échec d’une psychothérapie. Ce constat a été vérifié auprès de nombreuses personnes, quel que soit le type d’approche utilisée.


Le champ d’application du focusing


  Le focusing donne accès à la partie « vivante » de soi. En conséquence, là où il y a l’humain existe toujours la possibilité de se connecter avec cette partie organique singulière qui ressent (le sens corporel).


    Beaucoup plus qu’une méthode ou un outil thérapeutique de plus (près de 400 de référencés aux USA), le focusing est un « levier puissant », car directement en lien avec mon centre de soi expérientiel.


   Il s’utilise comme tel dans le cadre des trois attitudes facilitatrices de Carl Rogers ou s’intègre à toute méthode pour peu qu’elle puisse intégrer ce niveau expérientiel et les conditions à son expression :


  • Il peut donc être utilisé comme méthode psychothérapeutique. Le focusing est issu de l’Approche Centrée sur la Personne (ACP) de Carl Rogers, il fait donc partie de l’Approche Humaniste  et s’inscrit dans le courant de la thérapie centrée sur la personne et expériencielle.
  • Il peut s’intégrer dans les démarches médico-psychosociales en permettant une meilleure écoute de l’unicité de la personne, de ses souffrances, de ses besoins, de ses désirs, de ses élans… (coaching, travail social, accompagnement à l’emploi, soins médicaux…).
  • Dans la communication interpersonnelle, le sens corporel est le « marchepied » pour une communication, saine et fluide, à la parole vivante. Le focusing, avec les attitudes qu’il met en place, contribue à une« hygiène » relationnelle salvatrice.
  • Il est une relation à soi à cultiver et à entretenir pour une meilleure harmonie interne afin de mieux se vivre et vivre son rapport au monde.


Que permet le focusing ?


  • (Re)trouver ma petite flamme intérieure : passer de la flemme à la flamme.
  • Me sentir vivant, présent au monde, aux autres.
  • Rencontrer ma «sagesse corporelle » pour saisir ce qui est le mieux pour moi, ici et maintenant.
  • Trouver un sens, une direction sur laquelle je peux manifester positivement la singularité et l’unicité de ma personne (tendance actualisante).
  • Passer du mode réactif (habitudes, enfermements…) au mode créatif (fluidité, créativité, ouvertures) et devenir acteur de ma vie.
  • Trouver mes propres réponses à des questionnements de toutes sortes (professionnels, personnels).
  • Faire des choix, prendre une décision…
  • Accéder à mes ressources internes et libérer mon potentiel.
  • Apprendre à m’accepter, m’aimer et me respecter. Vivre en bon terme avec moi-même.
  • Sortir de mes impasses, de mes malaises, de mes mal-être
  • Grandir, élargir mes perspectives…
  • Mieux communiquer avec les autres, gérer les conflits…
  • Habiter mon corps, me sentir incarner, un et présent au monde…